dernière mise à jour: 2008-03-13 17:28   -

IRONMAN USA LAKE PLACID 2004, 25 juillet.

 

Un rêve qui se réalise

 

Deux semaines après avoir franchi la ligne d’arrivée, je me suis finalement assis pour contempler l’exploit.

C’était un vieux rêve qui datait des années 80’, alors que j’avais vu à la télévision Julie Moss* franchir la ligne d’arrivée en rampant par terre (Ironman Hawaii).  Une inspiration émotionnelle.

Plus qu’un rêve, c’était l’opportunité de compléter mon plus grand défi, qui m’a demandé neuf mois d’entraînements (voir tout juste 55 km de nage, 10,000 km de vélo et 1,200 km de course à pied).  Pour les expérimentés, je sais, c’est pas beaucoup de nage.  Pour les autres, c’est peut-être trop de vélo.   Qu’importe, on fait ce qu’on aime.

Au delà du vieux rêve et du défi, il y avait cette opportunité unique.  Celle dont certains d’entre vous jouissent dans leur travail.  La chance de repousser nos limites, et celles des autres.  Étant fonctionnaire, c’est pas un secret que de vous dire que je suis limité dans mes possibilités de m’épanouir.  Je suis au service des gens.  Un travail tout de même gratifiant, surtout dans l’ère présente, que de participer à cet establishment qui est à la base de notre démocratie et de nos libertés.

Toutefois, c’est pourquoi on se réfugie dans le sport.  Pour expérimenter l’opportunité de repousser  ses limites physiques et psychologique.  Remonter un défi demande de la PRÉPARATION, de la DISCIPLINE et de la PERSÉVÉRANCE.

Une fois accomplie, la barre est élevée d’un autre cran.  Même si les objectifs n’ont pas tous été atteint, vous acquiescez de nouvelles expériences et en connaissez plus sur vous-mêmes.

Je m’étais bien préparé pour celle-ci.  Mon but principal était de compléter, le temps étant secondaire.  Ma confiance de réaliser mon but s’est gonflée peu à peu au fil des semaines précédent l’événement.  De sorte que j’étais assez préparé et confiant en moi même que, j’appréhendais simplement la JOIE d’expérimenter cet Ironman.

Pour vous dire en gros la journée, ça commence dans un « blender » (nager 3,8 km), on se fait brasser assez longtemps (imaginez 2000 autres fous autour de vous), ensuite le vélo est roulé à un train rapide et la course, bien que les 20 derniers km commencent à faire assez mal dans les cuisses, reste quand même très plaisante. 

Plaisant ?  Tout se déroule lentement rendu à ce stade ci.  Les gens vous appellent par votre prénom (toujours mettre le dossard avec son prénom pour la dernière portion) et vous encouragent soit par des cris de motivateur (comme cet homme-bénévole qui y va d’un : « C’mon Pierre, YOU’RE AN IRONMAN ! »)  ou bien par des flatteries (comme ces filles qui me disaient : « hey Pierre, we’ve seen you before, you look AWESOME »).

Que de plaisir qu’endurer le mal et d’être encourager par une foule évaluée à 20,000 personnes.  Croyez moi, l’ambiance seule en vaut la participation.

Vais-je le re-faire ?  Peut-être dans deux ans.  J’y pense.  Pourquoi l’hésitation ?  Simplement parce qu’il faut vivre.  C’est beaucoup d’heures dans une année, des sacrifices et ça demande de la compréhension de la part de son entourage.   Sans compter le budget.

Alors, avant de vous lancer là dedans, assurez-vous que vos proches comprennent ce que peut représenter toutes ces heures à s’entraîner.   Prenez le temps de les remercier à votre façon.

Merci à tous mes amis(es) avec qui je me suis entraîné au fil des ans et avec qui je continue d’ailleurs.  Vous me pousser à de nouvelles limites et j’espère que je réussit à faire la même chose avec vous.

Finalement, félicitations à mon frère Robert, son premier (IM x1) et également à notre ami Alain Leclair, son 2e (IM x2) avec lesquels nous avons vécus des entraînements assez costaud à travers une météo parfois déchaînée.

Sur ce, à vos espadrilles !

Pierre « Iron Pete » Beaudoin, IM x1

 *Julie Moss (femme de Mark Allen, 6x champion de l’Ironman d’Hawaii)